En 2026, résistance contre l’internationale neofasciste !

4 février 2026

Depuis quelques semaines, tout s’accélère.

A l’échelle mondiale, l’impérialisme états-unien frappe de grands coups, joue à nouveau la carte de la domination militaire et multiplie les tentatives de conquête territoriale. En enlevant par la force Nicolas Maduro au mépris de toute forme de droit, en menaçant de guerre et forçant des alliances pour accaparer le pétrole du Venezuela. En menaçant d’une guerre pour accroître sa part d’emprise sur le Groenland. En ne déguisant plus d’aucune façon ses tentatives d’ingérence et l’imposition unilatérale de ses intérêts, dans son rapport à la guerre impérialiste de Poutine en Ukraine, à la colonisation génocidaire d’Israël et de ses alliés en Palestine ou à la répression de l’insurrection en Iran. Elle ouvre ainsi la voie à la guerre généralisée pour le partage du monde par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, les trois grands empires et leurs alliés à géométrie variables qui cherchent à tirer leur épingle du jeu, parmi lesquels les Emirats Arabes Unis, la Turquie, ainsi que l’Union européenne dont les deux pays qui la dominent, l’Allemagne et la France. Face à ce nouveau partage du monde par les empires, notre réponse ne peut être que le soutien et la participation aux luttes anti-impérialistes pour l’autodétermination des peuples, partout et tout le temps.

À l’intérieur même des États-Unis, dont l’actualité rappelle qu’il est toujours le plus puissant et brutal des empires, le fascisme progresse très vite. Les miliciens fascistes de l’ICE, armés par l’État et pour certains ouvertement nazis, kidnappent, enferment, expulsent, terrorisent, blessent et tuent par racisme et mysoginie. Trump menace d’envoyer l’armée à Minneapolis pour mater la résistance antifasciste, qui devient toujours plus nombreuse, radicale et organisée. Comme ses funestes prédécesseurs au XXe siècle, Trump, avec le soutien de ses alliés économiques et politiques, aux USA et ailleurs, veut écraser la résistance et imposer la loi brutale du plus fort à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. En France, le RN, malgré ses protestations de surface, s’aligne toujours plus sur le mouvement MAGA et est aux portes du pouvoir. Au Chili, c’est un héritier assumé du dictateur fasciste Pinochet qui a remporté les élections en décembre dernier. L’internationale néofasciste (de Trump, Poutine, Netanyahou, Milei, Kast, Orbán, Modi et consorts…) n’a jamais été aussi puissante. Elle fait le pari de tirer profit des catastrophes, de dominer un monde ravagé par les guerres et les catastrophes écologiques. Face à l’essor du néofascisme, notre réponse ne peut être que le soutien et la participation aux luttes antifascistes, et à la dimension antifasciste de toutes les luttes, pour toutes les égalités, tout le temps et partout.

En France, une islamophobie néocoloniale, galvanisée par le prétexte fallacieux de la « lutte contre l’antisémitisme » et le dénigrement de la cause palestinienne, s’étend dans les sphères du pouvoir et des législations, favorisée par des médias de masse au racisme aussi obscurantiste que décomplexé. Et ce racisme va de pair avec la gestion néocoloniale des territoires dits « d’outremer » : Antilles, Mayotte, Kanaky-Nouvelle-Calédonie, où la violence d’État a pris le tour particulier de la déportation, à la suite de la répression brutale des soulèvements légitimes. Ce racisme continue d’animer le comportement prédateur des entreprises françaises sur les territoires des anciennes colonies, avec la pleine complicité de l’État organisant la corruption des directions étatiques africaines.

Mais cette configuration des dominations ne doit en aucun cas susciter le désespoir, bien au contraire. Car s’accélèrent aussi les révoltes, les résistances, les insurrections qui ouvrent la possibilité de processus révolutionnaires. En Iran, la révolte pour le pouvoir d’achat s’est transformée en insurrection populaire contre le régime des mollahs, qui la réprime dans un effroyable bain de sang – il y a des milliers, peut-être des dizaines de milliers de mort·es. Le courage de celles et ceux qui se révoltent force le respect. « Pauvreté, corruption, vie trop chère. Nous avançons vers le renversement » (« faqhr fesad gerouni, mirim ta sar negouni »). Ce slogan des manifestant·es iranien·nes, qui s’ajoute à « Femme, vie, liberté », est aussi le nôtre.

Et puis il y a toutes les révoltes populaires portées par la « Gen Z », qui défient ouvertement les pouvoirs. En 2025, la révolte de la jeunesse et des mouvements sociaux a été victorieuse et a forcé à une transition politique au Népal, a poussé le premier ministre à la démission en Bulgarie, des mobilisations sociales de grande ampleur se sont développées à Madagascar, au Pérou, au Maroc, au Timor-Leste, en Serbie, où l’autogestion gagne du terrain. Elles s’inscrivent dans un nouveau cycle de révoltes populaires depuis le tournant mondial des années 2020, dans ces pays et également en Inde, en Indonésie, en Angola, aux Philippines… Une génération militante entière, notamment en Italie, s’est politisée, à l’échelle mondiale, contre le génocide à Gaza et pour les droits du peuple palestinien. En France, les mouvements sociaux, antiracistes, écologistes, féministes, syndicalistes, anti-impérialistes, tout comme les initiatives des quartiers prenant une ampleur nationale, sont vivants, nombreux, inventifs, et toujours plus conscients de leur fonction pour faire barrage à la menace fasciste. La bataille antiraciste sera, ici comme ailleurs, fondamentale pour défaire le fascisme.

Il est vrai qu’il manque toujours une alternative politique démocratique et radicale, en France comme ailleurs. Mais les choses pourraient aller très vite, parce que nous n’avons plus le choix. Alors, en 2026, on ne peut plus continuer comme avant : nous sommes tou·tes antifascistes. Pas de la même manière que nous soyons ou non parmi les premier·es visé·es par les politiques fascistes, la répression et les pressions quotidiennes, dans l’espace public, à l’école, au travail… La responsabilité est immense de celles et ceux qui sont (pour l’instant) relativement préservé·es et prennent moins de risques à prendre la parole et résister publiquement. C’est pourquoi nous avons besoin de courage mais aussi de soin et de solidarité.

Égalités propose, à son échelle, de contribuer à cette résistance antifasciste permanente. Nous participerons autant que possible et avec nos moyens à toutes les initiatives locales, nationales ou internationales qui peuvent contribuer à renforcer la résistance antifasciste. Nous avons initié une nouvelle émission vidéo, « Contre-courant », qui donnera la parole à des militant·es des mouvements sociaux pour contribuer chaque mois à tisser des liens entre les diverses résistances populaires. Et nous travaillons à une série de formations-débats sur l’actualité et l’histoire des luttes antiracistes en France. Il est trop tard pour être pessimistes – No Pasaran !